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Le défi du pardon

Feb 26 2020

Comment bien coacher nos enfants ?

Le pardon, message évangélique par excellence : recevoir le pardon de Dieu, pardonner à son conjoint, demander pardon à ses enfants, savoir se pardonner… Les déclinaisons ne manquent pas dans toutes nos interactions.  

Comment transmettre cette valeur si précieuse à nos enfants ? Un risque serait d’être abusif, à savoir l’exiger de manière autoritaire ou contraignante : « Excuse-toi de ceci… Demande pardon à ton frère pour… ». Tout en pensant bien faire, nous sommes souvent pressés d’évacuer le contentieux au plus vite.  

Et l’enfant s’exécute, de mauvaise grâce. Du bout des lèvres, il prononce le mot attendu, mais son regard révèle que son cœur n’y est pas ! Un pardon contraint n’a que peu de valeur éducative. C’est même contre-productif.  

Pour impacter véritablement nos enfants, interrogeons au préalable nos cœurs.


1) Déjà, quel type de parent suis-je ? 

Je m’en veux et m’excuse dès qu’un enfant est contrarié ? J’ai du mal à poser des limites ? À établir une saine autorité ? Ce manque d’assurance révèle mes insécurités, mes doutes. Au fond, aurais-je peur de perdre l’amour de mes enfants par exemple ?

Ou bien suis-je un parent strict ? Plutôt intransigeant quant aux principes, exigeant un comportement sans faille et des excuses au moindre manque de respect ?

Dans les deux cas, on est plus centré sur soi que sur l’enfant !


2) Ensuite, quelle est mon attitude face au pardon ? 

Mes enfants me voient-ils reconnaitre facilement mes torts ? Auprès du conjoint ? Auprès d’eux ?  Il y a, par exemple, le fait de s’excuser lorsque l’on s’est emporté injustement après un enfant. Mais il y a aussi – et c’est probablement plus défiant encore – le fait de demander pardon pour ces choix qu’on a fait – ou pas – (par manque de courage, égoïsme, cupidité, ignorance, orgueil…) et qui ont eu un impact négatif sur eux. Combien de colères sont ainsi enterrées dans le cœur de nos enfants ? Comme des bombes à retardement qui exploseront souvent à l’adolescence sans qu’on n’y comprenne rien.

Mais même si un ado en souffrance ressemble à un dragon en furie, l’adolescence est une seconde chance pour les parents. C’est encore la possibilité de déminer ces blessures dans le jardin de leur cœur. Pardon pour telle attitude envers ton père/ta mère. Pardon pour n’avoir pas été suffisamment présent pour toi. Pardon pour cette exigence trop lourde que je t’ai fait porter. Pardon pour… 

Demander pardon les libère. C’est les aimer. C’est leur permettre d’entrer dans leur vie d’adulte – et leur destinée future – le cœur désencombré du poids de ces blessures enfouies.


3) Oser changer de mentalité 

Mon attitude en tant que parent est influencée par ma propre histoire. Le parent que je suis aujourd’hui a été profondément impacté par les parents que j’ai eu – ou pas. Cependant, en tant qu’enfant de Dieu, j’ai changé de filiation. J’ai été adopté par Dieu. Prendre comme modèle la relation que le Père, le Fils et le Saint-Esprit ont entre eux, étudier quel père (et quelle mère) Dieu est pour Israël, sa pédagogie : patienter, corriger, pourvoir, reprendre, encourager, pardonner, se sacrifier… Voilà quels sont dorénavant mes nouveaux repères relationnels.

En devenant ce parent structurant (j’intègre ces nouveaux repères) et humble (j’apprends à sonder mon cœur), je transmettrai de manière durable et crédible à mon enfant la réelle profondeur du pardon. A son tour, il saura sortir de sa tanière et revenir s’excuser de lui-même pour ses torts. Envers son prochain tout d’abord. Envers son Dieu plus tard.

Toutefois, cela n’est pas inné. C’est votre mission de lui apprendre le chemin.


4) 10 étapes clés 

Voici une façon de faire qui peut aider, à adapter selon les circonstances. Dispute, conflit, cris… Bref, intervenez, c’est vous le parent.

1- Intervenez, mais pas n’importe comment

Respirez une grande bouffée du Saint-Esprit
Isoleles 2 antagonistes
– Allez parler avec bienveillance à chacun séparément
Mettez-vous au niveau de l’enfant, regardez-le dans les yeux

 2- Demandez-lui les faits 

Que se passe-t-il ?  
– Elle est venue et a détruit ma tour de Kapla  
– Et toi qu’as-tu fait ?  
– Je l’ai mordue

3- Encouragez l’honnêteté 

– C’est bien de le reconnaître  

4- Validez (Apprenez-lui à identifier ses émotions en mettant des mots dessus) 

– Je comprends que cela t’ait énervé. Si j’avais été à ta place, moi aussi  j’aurais été très en colère que quelqu’un (détruise, …).

Un câlin de réconfort est alors le bienvenu

5- Soyez juste (pas de favoritisme) 

– Je vais aller parler à ta sœur et lui expliquer quel chagrin cela t’a  fait de…

6- Enoncez vos règles 

– Maintenant, tu vois, ce que tu as fait/dit à …, c’était  blessant/douloureux/humiliant… Papa et moi* ne sommes pas  d’accord que tu mordes/fasses/dises/agisses ainsi… quand tu es énervé ! 

*Ou l’inverse. Nommez l’autre conjoint, quand bien même il ne serait pas suffisamment impliqué à votre goût.

7- Proposez-lui une BONNE alternative (adaptée à son âge) .

– Voilà comment j’aimerais (nous) que tu agisses quand tu es fâché… Ce  que tu pourrais faire/dire… 

8- Aidez-le à assumer sa part de responsabilité (réparer) .

– Est-ce que tu serais ok d’aller demander pardon à ta sœur pour  (précisez) ? [Si l’enfant ne l’est pas, ne pas le forcer ni lui reprocher. ]

– Ok, je te laisse du temps pour y réfléchir. Va dans ta chambre, et  reviens me dire ce que tu auras décidé. [Si nécessaire, reparler avec lui plus tard]

Retrouver l’autre enfant -> Même cheminement. Aidez-le à voir sa part de responsabilité à lui.

9- Quand ils sont OK, aidez-les à se réconcilier l’un avec l’autre.

Toujours se mettre à leur  niveau.

10- Félicitez chacun individuellement pour sa démarche


5) Soyez visionnaire 

Ensuite ?

Ensuite vous vous relevez. Vous regardez l’horloge, consterné : tout ceci n’était pas prévu au programme ! Au lieu de l’expéditif « Excuse-toi ! » ordonné d’un ton agacé, vous venez de « perdre » 30 précieuses minutes.

Pendant ce temps, le portable a bipé 10 fois. Le repas qui mijotait a brûlé. L’aîné n’a toujours pas commencé ses devoirs, et vous savez déjà que vous allez être en retard à votre prochain rendez-vous.

Mais qu’importe ! Redressez fièrement les épaules et sortez les œufs du frigo pour improviser une omelette. Vous venez de bâtir le monde relationnel de demain ! Ce moment de qualité impromptu construit l’enfant, lui donne les clés pour savoir gérer un conflit. Reconnaitre en quoi on a été blessé, c’est apprendre à se respecter et à s’aimer soi-même. Reconnaitre en quoi on a blessé l’autre et s’excuser, c’est apprendre à respecter et aimer son prochain. Une grande avancée dans leurs cœurs pour le royaume de Dieu.

Esther Pardini
Campus de Paris