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Cadeau ou fardeau

Mar 27 2020

Qu’allez-vous choisir ?

Pour avoir vécu à plusieurs reprises des périodes de confinement (convalescence, enfants contagieux, grossesse compliquée…), je compatis tout particulièrement pour ces parents de jeunes enfants qui font face actuellement à une situation où tous sont enfermés. C’est particulièrement éprouvant de se retrouver à vivre entre quatre murs (parfois étroits) avec des enfants dont les besoins moteurs, intellectuels et affectifs sont inversement proportionnels à leur taille.

On peut vite se retrouver « à bout ». En venir presque à ne plus supporter ces choupinous énergivores que pourtant l’on adore tant (surtout quand ils dorment enfin, hihi !), avec cette désagréable impression de « subir ».

Aussi, j’aimerais vous inviter à prendre quelques minutes, et à vous poser le plus honnêtement possible cette question :

Ces enfants que Dieu m’a donnés sont-ils un fardeau ou un cadeau ?

Il ne s’agit pas d’y répondre selon l’ambiance de la journée écoulée, et de l’humeur dans laquelle vous êtes. Auquel cas la réponse serait « tantôt l’un, tantôt l’autre, ça dépend… ». Mais de manière fondamentale : que croyez-vous ? Sont-ils un fardeau ou un cadeau ? Et pourquoi ?

Je perçois leur présence comme un fardeau quand ils m’empêchent d’atteindre mes objectifs. Quand leurs besoins contrarient les miens. Quand, par exemple, je veux les faire rentrer dans mon planning, comme s’ils étaient des objets, et non des sujets avec leurs besoins propres, leur dépendance, leurs émotions ou leurs limites.

Une colère sourde risque alors de grandir à l’intérieur de moi, rendant mes gestes impatients, mon ton brusque, mes paroles agacées voire dénigrantes, et transformant inévitablement les encouragements en exigences.

À nous qui aimons Jésus, nous qui aimons accueillir Sa Présence avec un concert de louange le dimanche, je lance cette question :

Accueillons-nous Sa Présence avec autant d’enthousiasme au sein de nos vies quand Il prend les traits de ce petit enfant qui nous bouscule autant ? Ces enfants dont les besoins contrarient si joyeusement nos nuits ou nos projets ?

Rappelons-nous ce que Jésus lui-même nous a enseigné : « Celui qui accueille en mon nom ce petit enfant, c’est Moi-même qu’il accueille. » (Luc 9:46)

Est-ce que je parle DE mes enfants – et À mes enfants – avec cette même douceur et ce respect que j’aurais pour Jésus ?

Il ne s’agit certes pas d’idolâtrer nos bout’chous et de rentrer dans le piège d’une éducation permissive. Mais de comprendre que l’amour – selon Jésus – prend infiniment soin des besoins du plus vulnérable. Et il n’y a guère plus vulnérable qu’un enfant.

La Bible affirme qu’ils sont un cadeau (Psaume 127:3). Fais-je mentir Dieu en râlant après eux comme s’ils étaient un fardeau ?

Moi-même, un jour où j’étais à bout, je me suis assise et me suis posée cette question. Fardeau ou bien cadeau ? Toutes les circonstances hurlaient de concert pour la première option ! Je n’y ai pas répondu en quelques minutes… Je l’ai laissée descendre en moi. Puis j’ai décidé de croire Dieu, plutôt que mon ressenti. De proclamer que, quelques soient les circonstances (parfois vraiment difficiles), ils étaient un cadeau. Ce changement de paradigme au plus profond de soi change complètement notre regard, notre attitude, nos choix de vie… Mais aussi le choix de nos mots : ‘Monstres turbulents’ ou ‘trésors plein de vie’ ?  ‘Enfant à problème’ ou ‘victoire à conquérir’ ? ‘Galère’ ou bien ‘bénédiction cachée’ ?

Car la réalité est que nos enfants deviennent ce que l’on croit. Notre parole est créatrice de vie ou de mort. Or, ce sont nos paroles justement (même « pour plaisanter ») qui révèlent ce que l’on croit. « Car ce qui jaillit des lèvres n’est que l’expression de ce qui remplit le cœur et qui déborde de son trop-plein. » (Luc 6:45 PV)

Je vais même plus loin : notre non-verbal parle bien plus fort que nos paroles ! Notre attitude, nos gestes ‘proclament’ – bien plus que nos mots – ce que nous croyons au fond de nous !

Or les enfants ont une capacité phénoménale à capter (et à absorber) le non-verbal. Bien avant même de comprendre le sens des mots, tout cela va s’imprimer en profondeur dans leur psychisme.

Si je vis la présence de mes enfants comme un fardeau, ils le deviendront, renforçant ainsi ma croyance première. Triste prophète qui s’ignore. Et plus je demanderai à mes enfants de s’adapter à MES besoins, plus la relation deviendra crispée et difficile : Mauvaise humeur, jalousie, chouinements, disputes, entêtement, bêtises multiples seront au rendez-vous.

Si je décide de croire qu’ils sont un cadeau, je vivrai chaque contrariété, chaque difficulté, et chaque expression de leurs besoins différemment : comme une opportunité de grandir et d’apprendre à aimer véritablement. Car in fine, c’est cet objectif que Dieu poursuit dans ma vie : m’apprendre à aimer comme Lui-même aime.

Moïse, le plus grand leader de tous les temps marchait au rythme des petits. Or nous, bien souvent, nous demandons à nos petits de s’adapter à notre rythme. À nos contraintes. À nos exigences.

Nous aurons beau plus tard leur enseigner que Dieu les aime, combien de fois ai-je vu des cœurs endurcis pour ne pas avoir expérimenté un amour qui respectait leurs besoins psychiques ?

La responsabilité de parent est immense et cela peut paraitre écrasant. Surtout quand soi-même, on n’a pas reçu cet amour de qualité qui prenait soin de nos propres besoins psychiques. On peut se sentir démuni, dépassé, voire exaspéré par leurs besoins. Comment faire alors ? Cette question fera l’objet d’un autre article à paraitre.

Pour cette fois, je vous laisse avec cette question : leur présence, leurs besoins, leur énergie, leurs difficultés : cadeau ou fardeau ?

Qu’allez-vous choisir ?

Esther Pardini
Campus de Paris